Le logo de notre entreprise représente un hirola, une antilope d’Afrique de l’Est extrêmement rare, non chassable et aujourd’hui en danger critique d’extinction. Ce choix n’est pas anodin : l’hirola symbolise à la fois la fragilité de la faune sauvage et les conséquences inattendues que certaines politiques de conservation peuvent avoir sur les écosystèmes.
En 1977, le Kenya a décidé d’interdire totalement la chasse sur son territoire. Cette mesure, présentée comme une action de protection radicale, a pourtant entraîné une dégradation massive des habitats. Faute de gestion, les prairies ouvertes — essentielles à la survie de l’hirola — ont été envahies par les arbustes, le surpâturage s’est intensifié, et la faune a perdu toute valeur économique pour les communautés locales. Privé de son habitat et de protection active, l’hirola a vu sa population s’effondrer : il ne reste aujourd’hui que quelques centaines d’individus.
Kenya 1977 : une interdiction totale de la chasse
Face au déclin rapide de la faune et à une crise de braconnage sans précédent, le gouvernement kényan a choisi d’interdire la chasse. Cette décision s’appuyait sur plusieurs facteurs :
- Braconnage incontrôlé : trafic d’ivoire, disparition des rhinos, réseaux criminels.
- Pressions internationales : montée du mouvement conservationniste occidental.
- Idéologie politique anti‑chasse : volonté de rompre avec l’image coloniale des “white hunters”.
Si l’intention était de protéger la faune, les conséquences à long terme ont été controversées : perte de financement, hausse du braconnage, dégradation des habitats, disparition de certaines espèces locales.
Namibie vs Kenya : deux modèles, deux résultats
La comparaison entre le modèle namibien (chasse durable autorisée) et le modèle kényan (interdiction totale) est aujourd’hui un cas d’école en conservation.
🇳🇦 Namibie : la chasse durable comme moteur de conservation
La Namibie a choisi un modèle opposé : elle a confié aux communautés locales la gestion de la faune via les conservancies, où la chasse sélective est strictement réglementée.
Ce système fonctionne parce que :
- La faune devient une ressource économique locale → les communautés la protègent.
- La chasse sélective finance :
- gardes anti‑braconnage,
- gestion des habitats,
- compensation des dégâts causés par la faune.
Résultat : augmentation des populations animales, y compris hors des parcs nationaux.
🇰🇪 Kenya : un modèle basé sur l’interdiction
À l’inverse, le modèle kényan repose sur une interdiction totale, avec des conséquences durables :
- Déclin continu de la faune depuis 1977.
- Perte de revenus pour les communautés rurales → aucun intérêt à protéger la faune.
- Braconnage persistant, parfois aggravé par le manque de moyens.
- Dégradation des habitats liée à l’expansion agricole et à la pression humaine.
Pourquoi ce modèle échoue ?
- La faune est perçue comme un coût (dégâts agricoles, risques).
- Le système repose uniquement sur l’État et les ONG → moyens insuffisants.
- Absence totale d’incitations économiques pour les populations locales.
Ce que représente notre hirola

Choisir l’hirola comme emblème, c’est rappeler que :
- La conservation ne se résume pas à interdire : elle exige gestion, financement, implication locale.
- Les modèles qui fonctionnent sont ceux qui associent les communautés à la protection de la faune.
- L’hirola est le symbole d’un équilibre fragile entre l’homme, la nature et les politiques de conservation.
Il incarne notre vision : une conservation pragmatique, durable, et fondée sur la réalité du terrain.

Article écrit par Frédéric SIEBERT
Administrateur & rédacteur



